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C’EST TOUJOURS NON.

Publié par le 24 Mai, 2020

Le Président de la République et le Premier ministre ont imposé la réouverture des écoles et établissements scolaires à partir du 11 mai 2020, contre les avis de l’INSERM et du Conseil scientifique du 16 avril. Considérant que le risque de transmission de cette maladie mortelle est important dans les lieux de regroupement massif que sont écoles et établissements scolaires, et que les mesures barrières chez les plus jeunes seront difficiles à appliquer, les autorités sanitaires préconisent la fermeture jusqu’en septembre.

Danger grave et imminent

Nous demandons l’application du principe de précaution et de laisser les écoles et établissements fermées jusqu’en septembre, en soutenant financièrement les familles dont l’un·e des membres au moins doit garder les enfants. Ce gouvernement portera une responsabilité politique et morale lourde dans le nouveau cortège de victimes et de mort·es que la réouverture prématurée des écoles et des établissements scolaires pourrait provoquer. Il fait tout pour s’en défausser sur les seul·es acteur·rices de terrain et les familles qui ne pourront pas garder leurs enfants à la maison en raison de pressions financières ou patronales et devront les envoyer servir de cobayes aux bidouillages gouvernementaux.

La CGT Educ’Action de l’Ain a envoyé deux signalements de danger grave et imminent au Recteur de l’Académie de Lyon et à la Directrice Académique des Services de l’Education Nationale dans l’Ain, pour l’ensemble des écoles et collèges du département. Nous mettons à disposition des collègues les outils nécessaires pour s’opposer à la réouverture des écoles et établissements précipitée, en faisant valoir collectivement leurs droits (d’alerte, de retrait, de grève) et en protégeant leurs propres responsabilités (Alerte DGI écoles attn Recteur – DASENAlerte DGI collèges attn Recteur – DASEN)

Mépris des services sociaux de l’institution scolaire

Pour justifier cette réouverture précipitée, M. Blanquer, ministre ayant mis en place des réformes de l’Education parmi les plus brutales et inégalitaires a manifesté une brusque sensibilité aux impacts sociaux du confinement. Cette opportune préoccupation ne l’a toutefois pas amené à se rappeler de l’existence de l’expertise des services sociaux de l’institution scolaire, puisque ses services méconnaissent manifestement le champ professionnel propre du travail social et conseillent pour prévenir les violences intrafamiliales la seule orientation vers des associations.

Réouverture des écoles et établissements scolaires: débrouille et disparités

M. Blanquer parade en annonçant que plus de 90% des écoles sont ouvertes comme si le taux d’ouverture était un gage de succès en soi. Mais le bilan n’est pas brillant : seul.e 1 élève sur 6 est actuellement accueilli·e dans les écoles, il y a d’énormes disparités territoriales et sociales entre zones rouges et vertes, entre milieux défavorisés ou non. De nombreux personnels sont retournés à leurs postes sans toutes les garanties sanitaires et pédagogiques. Les protections (masques, gels) restent partiellement disponibles, les personnels sont fatigués à cause de deux mois de confinement psychologiquement compliqués et la surcharge de travail due à l’adaptation des pratiques professionnelles à la « continuité pédagogique » puis à la préparation du retour dans les classes. Les équipes se sont débrouillées seules pour organiser les espaces, emplois du temps, temps de récréations, de restauration, et ont dû parfois choisir parmi les élèves « prioritaires » et organiser un roulement des jours de présence, ce qui ne relève pas de leur responsabilité. (Comm_ presse_Réouverture_des_écoles-4)

Quoique la CGT Educ’Action se félicite de l’abandon (beaucoup trop tardif) de l’épreuve orale du bac de français, la seconde phase du déconfinement ne s’annonce pas mailleure: pour les personnels, c’est toujours « débrouillez-vous ».

Et contre la crise sanitaire : on n’est pas sorti.es de l’auberge

Pas grand-chose d’efficace n’a été mis en place pour lutter contre la crise sanitaire : l’hôpital public a été mis à l’os en quelques années, le COVID-19 a montré l’urgence d’un changement de cap radical, mais le gouvernement ne répond pas aux revendications martelées depuis des mois par le personnel soignant. Les suppressions de lits, de postes et les privatisations sont toujours d’actualité. Pas de réquisition et de redistribution prévues de stocks de masques, ni de nationalisation d’entreprises susceptibles de produire le matériel médical nécessaire. Un appel unitaire à la manifestation a été lancé par les personnels soignants pour le 16 juin prochain.

La suppression des libertés, la répression généralisée contre toute expression d’opposition, la quasi absence de débats au parlement, le développement d’une surveillance qui réduit l’espace privé et militant à peau de chagrin traduisent la montée d’un autoritarisme qui prend le prétexte de la crise sanitaire pour se renforcer chaque jour un peu plus, tout en s’acharnant allègrement contre ce qu’il reste des conquis sociaux: malgré la crise sociale le gouvernement maintient sa réforme de l’assurance chômage dont la deuxième phase, qui devait entrer en application le 1er avril, a été reportée à septembre. Elle modifie les règles de calcul de l’indemnisation, entraînant une baisse moyenne des indemnités de 22 %. Plusieurs ordonnances ont aussi été adoptées dans le cadre de l’Etat d’urgence sanitaire. L’une d’elles permet de travailler jusqu’à 60 heures par semaine. Pour la CGT, la vieille rengaine patronale de l’augmentation du temps de travail est la pire chose à faire.

La fonction publique a montré qu’elle était nécessaire et qu’elle savait répondre présente. Elle peut avoir un poids pour défendre les droits des citoyen·ne·s, des travailleur·euse·s, des privé·e·s d’emploi et précaires. La CGT Educ’Action 01 soutient donc toute initiative susceptible de dénoncer les politiques attentatoires aux libertés, aux conquis sociaux et aux services publics, pour peu qu’elle préserve la santé et la sécurité des personnes.

AGENDA MILITANT

  • Du 18 au 30 mai 2020 – Rassemblement virtuel des Glières

Le Rassemblement des Glières à Thorens et sur le plateau des 29/30/31 mai 2020 ayant été annulé, le CRHA Citoyens-Résistants d’Hier et d’Aujourd’hui propose Un Rassemblement Virtuel Inédit. Écoutez sur http://www.citoyens-resistants.fr/spip.php?article616  les entretiens confinés d’intervenants dont la plupart étaient prévus aux différentes conférences du samedi.

  • Mardi 26 mai 2020 – de 13h30 à 15h – Rassemblement devant l’hôpital Edouard Herriot (HEH) à Lyon à l’initiative des syndicats CGT Santé et Sud Santé

“Pénurie de matériel, manque de lits, salaires de misère… La crise que nous traversons met en lumière l’état de délabrement de l’hôpital public et les conditions de travail dangereuses autant pour les patients que pour les agents de l’hôpital. La réponse du gouvernement quant à nos revendications pour travailler et soigner dignement : Primes (et encore, pas pour tous), médailles, dons de congés par d’autres salariés !”. Le rassemblement se fera dans le respect des gestes et mesures barrières.

  • Samedi 6 juin 2020 – 10h – STOP ETAT D’URGENCE: promenades de santé expressives à Bourg en Bresse – à l’initiative d’un collectif de GO (Gentils Organisateurs)

Les adeptes du yoga re-pratiquent leur sport en plein air; faire ses courses dans un centre commercial blindé, aller dans des parcs d’attraction de 5000 personnes ou trimer dans des usines pleines à craquer ça va, par contre manifester toujours pas puisque les rassemblements dans l’espace public de plus de 10 personnes restent interdits. Il est pourtant possible de concilier prévention sanitaire et liberté de manifestation. Le droit de manifester est un droit fondamental, garanti par l’article 10 de la Déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen de 1789 et l’article 9 de la Convention européenne des droits de l’Homme. Contre ce déni de droit, un collectif de Gentils Organisateurs propose une ballade (avec drapeaux pancartes et mégaphones) ne bloquant pas la circulation, par paquets de 10, avec 1m de distance entre chaque personne et gestes barrières. L’objectif: se re-rendre visible dans l’espace public pour défendre et revendiquer nos libertés. Propositions et notes d’orga communiquées par les GO (susceptibles d’être modifiées – vérifier de temps en temps): 2020 05 13 La vague version 6 2020 05 31 La vague orga v3

  • Vendredi 12 juin 2020 – 20h – Slam session à l’initiative de citoyen.nes – rond-point d’Hauteville Lompnes

Un cercle se forme, ce qui est pratique sur un rond-point, et les participantEs sont appeléEs à partager un texte rimé ou non, rythmé ou non, chanté ou non, de leur propre composition ou non. Ouvert à tous les styles (rap, slam, poésie, lecture, langage des signes…). Un mégaphone permettra de brancher en usb, sd ou mini-jack des instrus, si besoin. Gestes barrières, gel, masques : autonomie des participant.es.

  • Mardi 16 juin 2020 – manif nationale SANTE

Appel unitaire lancé par les personnels soignants. Lieux et horaires à venir.