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Mardi 10 novembre: en grève ET EN MANIF!!

Publié par le 5 Nov, 2020

L’année dernière une collègue, Christine Renon, est morte dans son travail. Elle a laissé une lettre qui accuse gravement l’Institution. Jean-Michel Blanquer a réagi avec une tiédeur méprisante et la poursuite de réformes destructrices. Suicides, burn-outs, dépressions, démissions… La souffrance au travail augmente. Les drames s’accumulent. Sans réaction à la hauteur des enjeux humains que ces mots recouvrent. Il y a trois semaines, un autre collègue, Samuel Paty, est mort. Assassiné pour avoir fait son travail: un traumatisme pour nous tou·tes. Au vu des trois ans passés on n’attendait pas de miracle du ministre, mais quand même. Escamotage de l’hommage à notre collègue, négation du besoin de réflexion collective avant de retrouver les classes, lecture mécanique imposée d’un vieux texte caviardé devant des élèves dont certain·es ne savaient peut-être même pas pourquoi ils/elles étaient réuni·es là: on a touché le fond de l’indécence.

Ce mépris terrible touche tout le monde et la situation sanitaire le rend manifeste. En plein reconfinement, personnels, familles, élèves sont prié·es de continuer à faire absurdement comme d’habitude, comme si de rien n’était. Comme si la situation n’était pas assez dangereuse pour justifier la mise sous cloche des libertés individuelles d’un pays entier. Comme si le protocole sanitaire soi-disant renforcé représentait un garde-fou sérieux contre une contamination qui a emporté Virginie Campagnoli, une autre collègue, dans les Bouches du Rhône il y a quelques jours. A 43 ans.

Les réponses du ministère sont d’une absurdité sombre, inquiétante, brutale. Il dit d’aérer. Quand nombre d’écoles et établissements sont notoirement des passoires thermiques avec problèmes de chauffage récurrents et fenêtres défectueuses ou inexistantes. Il juge le télétravail obligatoire. Mais des personnels se le voient refuser dans les services administratifs. Il dit d’éviter le brassage. Quand les réformes Blanquer le rendent impossible à éviter puisqu’il n’y a plus de groupe classe, que les élèves se promènent toute la journée d’un groupe à l’autre. Les tous-petits sont prié·es de porter un masque à l’école alors qu’ils/elles ne savent pas se moucher tou·tes seul.es. Les élèves plus âgé·es, par injonctions, de garder le leur à la maison et ne pas manger avec leurs parents. Les internes sont quasi enfermé·es à l’internat. Les équipes réduites à gérer localement l’inapplicable protocole, avec des informations parcellaires, changeantes et souvent annoncées par voie de presse. Les lycéens et lycéennes qui manifestent pour des garanties sanitaires, usant de leur droit d’expression fondamental: réprimé·es comme des délinquant·es.

C’est trop.

La CGT Éduc’action appelle les personnels à se réunir dans les établissements, écoles et services pour rédiger des cahiers de revendications sur la situation sanitaire et sur « l’École d’après ».

A se mettre massivement en grève le 10 novembre prochain et à rejoindre la MANIF* 14h30 RDV PLACE DE LA MAIRIE – BOURG EN BRESSE – DIRECTION DESDEN DE L’AIN.

**rassemblement déclaré en préfecture. Modalités de participation vues avec la préfecture pour tous, actifs et soutiens : imprimer, remplir et cocher la case 1 de l’attestation dérogatoire et prendre avec vous l’appel à la manifestation.

Lire notre appel national ici.

Lire l’appel commun manifestation à B en B le 10 nov 2020 FO CGT FSU SUD MNL FCPE

Le ministère de l’Education Nationale, comme n’importe quel autre employeur, a une obligation de moyens et de résultats concernant la santé et la sécurité des personnels.