Mobilisation lycéenne dans l’Ain : que faire si nos élèves sont concerné.es ?
Depuis plusieurs jours, des lycéen.nes se mobilisent dans de nombreux établissements un peu partout sur le territoire national. Ils et elles dénoncent en général leurs conditions d’étude : classes surchargées, emplois du temps intenables, manque de personnels, locaux dégradés ou insalubres, difficultés d’accès aux soins et à l’accompagnement social, mais aussi discriminations et violences subies au sein de l’institution. Toutes revendications légitimes, qui sont aussi les nôtres.
La CGT Éduc’action appelle à rejoindre dès aujourd’hui les mobilisations lycéennes en cours.
Ci-dessous une motion de soutien adoptée par la CGT Educ’action réunie en Conseil National du 30/09 au 02/10/2026 :
L’appel intersyndical national à soutenir la mobilisation lycéenne, notamment par la grève mardi 6 octobre 2026 :
Dans l’Ain
Nous avons des informations d’un peu partout dans le département : les lycéens et lycéennes de Carriat, Quinet, Lalande, Voisin à Bourg, de St Exupéry à Valserhône, de la Plaine de l’Ain et d’Alexandre Bérard à Ambérieu, de La Côtière à La Boisse, de Trévoux et Belley, et autres lycées privés et professionnels sont mobilisé.es.
Nous avons des remontées qui font état de violences policières sur plusieurs villes du département : gaz lacrymogènes, charges à la matraque, tirs de LBD, arrestations de mineur.es...
Nous invitons les camarades de nos sections CGT et l’ensemble des collègues de lycées à nous faire remonter par retour de mail les informations (ou l’absence d’informations) dont ils et elles disposeraient concernant la mobilisation de leurs élèves.
Quelques conseils ci-dessous pour ne pas se trouver (trop) démuni.es.
1/ Que faire en cas de mobilisation lycéenne dans l’établissement où l’on travaille ? -> Cas général
- Même en-dehors du 6 octobre (voir la motion ci-dessus) : des préavis de grève sont déposés régulièrement de sorte qu’ils couvrent tout débrayage reposant sur la base des revendications de la CGT. Aussi, entre la fin d’un cours et le début d’un autre, il est possible d’interrompre votre journée de cours pour vous assurer que tout va bien pour les élèves. Il est possible que vous soyez alors considéré.es comme grévistes. Informez-nous au plus site pour que nous puissions éventuellement doubler le préavis national d’un préavis local "de rattrapage" afin d’ajouter une pression locale.
- En cas de rassemblement devant le lycée, il faut d’abord être vigilant.e à la circulation : il arrive régulièrement que des automobilistes foncent et renversent, volontairement ou non, des manifestant.es.
- Maximiser le nombre de collègues présent.es pour s’assurer que tout va bien.
| Idéalement, pour les camarades syndiqué.es à la CGT Educ’action 01 : s’organiser en intersyndicale locale. Bien vous munir de votre chasuble / drapeau de section CGT. Si vous n’en avez pas, envoyez-nous un message et/ou appelez votre Union Locale CGT afin de vous en procurer rapidement. Leurs coordonnées ici. |
2/ Que faire en cas de mobilisation lycéenne dans l’établissement où l’on travaille ? -> Si ça se passe mal
Depuis le début du mouvement, les interventions policières, les interpellations et les menaces de sanctions se multiplient, alors même que les lycéens et lycéennes disposent de la liberté d’expression, de réunion et de manifestation.
Préventivement :
- Vous pouvez conseiller aux élèves de réaliser des pancartes pour que leurs revendications (donc leur statut de manifestant.es) soit visible. Voir les exemples dans l’article de nos camarades de la CGT Educ’action 93 ici.
Si cela ne suffit pas :
- Pour protéger les élèves, si c’est possible, vous pouvez faire un cordon entre eux et la police. Il est alors bien évident qu’il est préférable d’être un maximum de collègues.
- En délégation de collègues, si possible intersyndicale, interpeller la direction à propos de la mise en danger des élèves par les forces de l’ordre aux abords de l’établissement. Si possible, doubler cette interpellation orale par un écrit : fiche "danger grave et imminent" ou simple mail. Le registre "danger grave et imminent" est accessible comme le RSST. La notion de danger grave et imminent -DGI- a été clarifiée par une abondante jurisprudence : il s’agit d’une menace directe pour la vie ou la santé de l’agent·e (ou de l’usager.e ici). Ce danger est imminent s’il est "susceptible de se réaliser brutalement dans un délai rapproché".
Un exemple de fiche "danger grave et imminent" possible dans un tel cas :
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- Filmer ou photographier ostensiblement ce qu’il se passe - sans diffuser ensuite les images sur les réseaux sociaux, uniquement à titre "dissuasif".
- En cas d’arrestation par la police : vous trouverez ici notre guide CGT "Militant.e face à la police" actualisé en 2025. La section de Seine St Denis du SAF a également publié ces visuels synthétiques à destination des lycéen.nes :
Et après ?
Si les élèves interrogent sur leurs possibilités de s’organiser, vous pouvez les orienter vers des organisations lycéennes telles que le MNL.
Vous pouvez également conseiller aux élèves d’organiser une AG pour pouvoir discuter entre elles et eux et prendre des décisions collectives et le plus démocratiques possibles. Lors de ces AG, les lycéens et lycéennes peuvent discuter de revendications ou de la rédaction d’un cahier de doléances, d’un communiqué, d’une invitation à la presse, formuler une demande de rendez-vous à la DSDEN...
A noter : les élèves d’un établissement disposent de plusieurs droits méconnus, et notamment d’un droit de réunion entre elles et eux et peuvent demander au chef d’établissement à pouvoir disposer d’une salle pour se réunir au sein du lycée.
Visuel : repris d’une publication Instagram du compte de nos camarades de la CGT Educ’action 95.





