Organiser une assemblée générale : pourquoi, comment ?
Partout convoquons nos assemblées générales !
La convocation des AG (assemblées générales) est un élément essentiel pour la CGT et pour la CGT Educ’action de l’Ain.
Le rôle d’une AG
La tenue d’AG permet l’appropriation collective de la lutte par les travailleurs et les travailleuses (en emploi ou privé.es d’emploi). On y prend des dispositions locales, avec les travailleurs et travailleuses des autres branches professionnelles et en intersyndicale quand c’est possible.
Les syndicats y proposent des actions de blocages, de construire là où c’est possible des piquets de grève ou bien à s’associer – avec l’interpro – aux actions en cours. La construction de la grève sur le lieu de travail, avec la présence physique des grévistes dans les services, écoles, établissements et ateliers, doit permettre de marquer notre détermination à inscrire le mouvement dans la durée.
L’AG c’est le cadre où l’on peut faire le lien entre des revendications locales et les revendications nationales. De l’analyse d’un projet gouvernemental ou plus largement d’un projet de société et l’affirmation de son rejet, on peut passer à tous les sujets de mécontentement dans la collectivité. L’AG peut donc permettre au syndicat – avec les personnes qui y participent – d’ouvrir ou de compléter le cahier revendicatif.
| Attention : la grève appartient à tou.tes les grévistes, qui doivent être libres de décider elles et eux-mêmes, et ne pas être dessaisi.es de "leur mouvement", de leur grève. Cette aspiration démocratique doit être respectée. Plus la CGT Educ’action 01 sera impliquée pour faire vivre une véritable démocratie dans les assemblées générales, mieux son rôle sera compris et reconnu. |
Comment et où convoquer une AG
Une AG peut-être convoquée sur la base des heures d’information syndicale (qui doivent être déposées selon des modalités particulières, + d’explications ici).
Cela dit, une assemblée générale de grève se tient dans le cadre d’une grève. Il n’y a donc pas d’autorisation à demander. Toutefois, si un.e agent.e non gréviste veut participer à l’assemblée générale, il/elle doit demander l’autorisation à sa hiérarchie pour s’absenter (la continuité du service devant être assurée) puis retourner dans son service à la fin de l’AG. Son absence peut être enregistrée sur la base des heures d’information syndicale auxquelles il/elle a droit (3 mois cumulés au maximum). Aucune retenue sur salaire ne sera alors appliquée.
Parfois l’AG démarre sur la base d’un premier débrayage d’une heure.
Une assemblée peut se tenir dans un hall, dehors sur un piquet de grève : il n’y a pas de règle en la matière. Dans l’Éducation nationale, cependant, elle peut se tenir dans l’enceinte de l’école ou de l’établissement scolaire, mais pas à la vue des élèves.
L’organisation des AG départementales peut se faire sur la base du maillage territorial de la CGT, autrement dit, en mettant à profit les Unions Locales et Unions Départementales de la CGT. C’est alors une occasion de rencontre des camarades d’autres branches professionnelles. Pour organiser une AG de ce type, contactez-nous à educationcgtain@orange.fr.
Le rôle du syndicat (et du syndicaliste) dans l’AG
Dans l’AG le syndicat défend le point de vue de la CGT et présente les revendications CGT, dans le respect de la Charte d’Amiens, dont on trouvera le texte exact ici.
En période de grève, de surcroit de grève qui se généralise, le rôle du syndicat est de :
- permettre à tou.tes les grévistes, syndiqué.es ou non de participer à égalité à la prise de décisions,
- faire circuler toutes les informations sur ce qui se passe dans toutes les AG du secteur (ville, département…)
Les informations que l’on peut fournir à l’AG peuvent porter, par exemple, sur les dernières déclarations gouvernementales, présidentielles ou ministérielles ; sur l’ampleur de la grève, dans notre propre secteur, mais aussi dans l’Éducation nationale pour les personnels territoriaux et dans la fonction publique territoriale pour les personnels de l’Éducation nationale, à la SNCF, dans les raffineries, dans l’industrie, dans les autres services publics comme hôpitaux… Pour cela, il ne faut pas hésiter à consulter, en amont de l’AG, les sites Internet de la CGT.
Qui participe à l’AG et comment sont prises les décisions
L’AG peut regrouper les travailleurs et les travailleuses d’un même lieu de travail (par exemple, les agent.es territoriaux comme les personnels de l’Éducation nationale au sein d’un collège ou d’un lycée). L’AG locale/départementale interprofessionnelle a vocation à regrouper les représentant.es de tous les sites en grève.
Nous établissons une différence entre le ou la "gréviste" qui ne représente que lui-même, ou qu’elle-même, et le ou la représentant.e mandaté.e de l’AG de grève de son propre établissement ou de son école, ou de son bassin de travail, qui porte alors la voix de l’AG, et non la sienne propre, dans les autres assemblées (par exemple, départementales) auxquelles il ou elle serait amené.e à représenter l’ensemble des grévistes de son établissement, de son école ou de son bassin de travail.
Dans l’AG les décisions sont soumises au vote majoritaire. Une femme/un homme = une voix :
- Élection des représentant.es mandaté.es et révocables, incluant le syndicat
- Vote de la reconduction
- Vote de la caisse de grève et élection de l’équipe chargée de la gérer
- Vote des actions à mener (piquet de grève, renforcement de piquets de grève…)
L’AG peut aussi décider d’élire un comité de grève (mandaté et révocable), intégrant le syndicat. Le comité de grève devient un organe de décision entre la tenue de deux AG.
Points de vigilance
Une AG de grévistes n’est pas la même chose qu’une assemblée de "citoyen.nes". Dans les deux cas, il faut prendre garde aux hiérarchies sociales implicites ou aux jeux de pouvoir liés à l’expérience des personnes présentes.
Les assemblées "citoyen.nes" peuvent évoluer vers des assemblées de grévistes. Mais ces AG ont des limites : elles se heurtent souvent aux enjeux de conception d’actions de lutte percutantes, spectaculaires et/ou symboliques. Et la spontanéité de leur organisation les rend difficilement aptes à déboucher sur une structuration durable.
Ces assemblées sont néanmoins, parfois, des lieux d’une certaine conscientisation de classe. Cependant, sans ancrage dans le monde du travail, là où se fondent les rapports économiques, elles ne menacent pas le capital à sa racine : la production et la circulation de richesses. Leur capacité de blocage est donc limitée. La grève y est parfois évoquée : mais sans une action directe coordonnée et sans l’édification d’une contre-société, sans le savoir-faire collectif acquis syndicalement au fil de plus d’un siècle de lutte organisée, c’est toute une architecture logistique qui fait défaut.
L’essentiel de notre article est adapté de : Argumentaire de la Fédération CGT des Services publics du 13 décembre 2019
