Salaires, indemnités...

 Logement des agent.es de la Fonction publique dans l’Ain : état des lieux, revendications, organisation !

 

"Se loger près de son lieu de travail est un vrai casse-tête pour beaucoup d’agents publics : Ile-de-France, métropoles régionales, zones frontalières et touristiques, outre-mer..." : ce n’est pas nous qui le disons, c’est la mission Logement des agents publics, sur son site. Qui poursuit ainsi :

Résultat : des trajets à rallonge, des difficultés de recrutement et de fidélisation, et à terme un risque pour la continuité et la qualité des services publics, de même que l’égal accès de tous les citoyens [1].

Ainsi, comme chaque année, de nouveaux/lles collègues affecté.es dans le Pays de Gex se retrouvent, désespéré.es, à consulter frénétiquement les sites d’annonces immobilières afin de trouver un logement relativement proche de leur établissement d’affectation et dont le loyer leur laisse un reste-à-vivre pas trop misérable.

Cependant, la problématique du logement ne touche pas que le Pays de Gex.

Un parc de logements disponibles de plus en plus en tension, partout dans le département

Selon la préfecture de l’Ain, le département "connaît l’une des plus fortes progressions démographiques de la région, qui décélère peu à peu mais va rester importante encore pendant plusieurs décennies" : l’Ain comptait 643 350 en 2017, et 698 810 habitant.es au 1er janvier 2026. Cela représente près de 55 500 personnes supplémentaires en neuf ans, soit une augmentation de 8,6% de la population.

Cette augmentation a entrainé des besoins importants de toutes natures, notamment en logements locatifs sociaux (LLS), que la Préfecture de l’Ain évalue de la sorte par EPCI (Etablissement Public de Coopération Intercommunale : structure administrative regroupant plusieurs communes afin d’exercer certaines de leurs compétences en commun. Il s’agit de la forme la plus aboutie d’intercommunalité) :

Dans le même temps, selon la préfecture, dans l’Ain, "depuis plusieurs années, la dynamique de production du logement locatif social ralentit, et la tension s’accroît significativement sur la demande en logement social. Les ménages les plus modestes sont particulièrement touchés par les difficultés d’accès au parc social [2]".

Résultat : "Certains territoires comme le Pays de Gex, l’agglomération burgienne ou la périphérie lyonnaise présentent une situation particulièrement tendue, qui va de pair avec une forte tension également prégnante sur le parc privé [3]".

  • Logements sociaux : pas assez, et trop chers

Le refus du gouvernement de revaloriser le point d’indice a des conséquences tangibles pour les personnels : depuis 2023, la perte est de -112€ par mois pour un·e agent·e de catégorie C, 142€ en catégorie B, -216€ en catégorie A. Depuis l’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron en mai 2017, le manque à gagner est insupportable : 327€ par mois pour un catégorie C, 414€ en catégorie B et 635€ en catégorie A. En 11 ans, les sommes perdues sont astronomiques (43 164€ pour un·e catégorie C).

Le SMIC a été augmenté de 2% en juin dernier pour suivre l’inflation, mais pas le point d’indice. Résultat la fonction publique bascule sous le SMIC jusqu’à l’indice 380. Ce sont 862 000 agent·es publics qui doivent toucher une indemnité différentielle pour que leur traitement atteigne le niveau du SMIC. La catégorie C est entièrement smicardisée : le grade C1 est presque entièrement sous le SMIC, les grades C2 et C3 démarrent également sous le SMIC, comme les deux premiers grades de la catégorie B. Même les élèves fonctionnaires en catégorie A ou certains corps atypiques A sont concernés.

Alors que de nombreux.ses collègues doivent se tourner vers un logement social en raison de la paupérisation galopante des personnels de l’Éducation nationale, au 1er janvier 2025, l’Ain comptait 726 logements sociaux pour 10 000 habitant.es, contre 785 en France métropolitaine : largement insuffisant.

Le loyer social moyen était de 6,71 euros par mètre carré de surface habitable : même si la région parisienne reste "loin devant", le département se situe malgré tout ainsi dans le tiers des départements aux loyers sociaux les plus élevés de France métropolitaine [4].

Ce manque public n’est pas neutre. Les ménages aisés peuvent acheter du temps, du soin, du soutien scolaire, une voiture, une assurance ou un logement mieux situé. Les autres dépendent davantage du commun. Réduire le commun augmente donc mécaniquement le poids du patrimoine et du revenu dans l’accès réel aux droits.

  • Parc locatif privé : pas assez de logements non plus, et encore plus chers

Sur l’ensemble du territoire national, 24% des ménages français concentrent plus des deux-tiers (68%) des logements appartenant aux particuliers. Sans même parler d’accès à la propriété, la réalité est saisissante : les ménages possédant 5 logements (3,5% de la population)… détiennent la moitié des logements en location ! Les difficultés de logement sont donc loin d’être le lot de tou·tes. En revanche, elles sont bien la conséquence d’une forte concentration des biens dans les mains d’un petit nombre, décidant à leur guise du prix des locations.

Résultat : la part de la dépense de consommation liée au logement dans le revenu disponible des ménages a plus que doublé entre 1959 et 2024, passant de 10,5% à 22,8%. Les dépenses en logement tiennent compte des loyers versés par les ménages et des charges relatives à l’eau, au gaz, à l’électricité ou aux autres combustibles fossiles utilisés dans les habitations dont ils s’acquittent.

Ces dépenses pèsent d’autant plus sur le budget des ménages qu’elles sont préengagées, donc liées à des contrats et difficilement renégociables. Les ménages sont donc obligés de s’acquitter de ces sommes à court terme. En 2024, les dépenses liées au logement représentent près des trois quarts des dépenses préengagées des ménages [5].

Personnels de l’éducation dans l’Ain : quelles solutions à court terme ?

Il existe quelques ressources institutionnelles qui peuvent être utiles pour parer au plus urgent. Cela dépend de la situation de chacun.e : contactez-nous pour en discuter et que nous puissions vous conseiller au mieux, au 06 27 44 04 01 ou à educationcgtain@orange.fr.

Sous certaines conditions, quelques maigrichonnes indemnités sont prévues :

Prise en charge partielle des abonnements de transport ?
Encore faut-il qu’il y ait assez de transports...

"Plus de 260 000 habitants résident à moins de 500 m d’un arrêt de car régional ou d’une gare, ce qui représente environ 40 % de la population de l’Ain", selon la préfecture. Autrement dit, 60% de la population réside à plus de 500 m d’un arrêt de car régional ou d’une gare. De fait, une publication de 2021 de la préfecture de l’Ain sur la mobilité des personnes montre une forte dépendance à la voiture pour une large part d’habitant.es du département [6].

Toutefois, au-delà de la solidarité de classe de base consistant en un accompagnement individuel dans les méandres du peu de dispositifs existants, la CGT Educ’action de l’Ain, au sein de la CGT, lutte pour une réorganisation sociale radicale.

Droit au logement et augmentation des salaires !

1- Augmenter les salaires : une nécessité, et un choix politique

Le point d’indice est la base du salaire des agent·es de la Fonction publique. C’est quasiment ce seul traitement indiciaire (hors primes-indemnités-heures supplémentaires) qui est utilisé pour calculer le montant de la pension de retraite (la Retraite Additionnelle de la Fonction Publique -RAFP- ayant un montant dérisoire de quelques dizaines d’Euros dans le meilleur des cas). Exiger son augmentation reste donc le seul levier pour obtenir des augmentations salariales pérennes pour tous les personnels.

Nous revendiquons :

  • Indexation du point sur l’inflation
  • 400€ immédiatement pour tou·te·s
  • Plan de rattrapage des pertes antérieures
  • Intégration des primes dans l’indiciaire
  • Égalité salariale femmes / hommes
  • Abrogation du jour de carence et indemnisation des CMO à 100%
  • Augmentation immédiate de la valeur du point d’au moins 10%
  • Retraite à 60 ans et réduction du temps de travail à 32 heures

Le gouvernement justifie sa position par le coût soi-disant trop élevé d’une hausse du point d’indice et l’endettement de l’État. Mais il dépense 211 milliards par an en aides sans contreparties ni contrôles aux entreprises. Il est donc possible d’augmenter nos salaires : c’est une question de choix politiques.

2- Droit au logement

Pour les fonctionnaires comme pour tous et toutes, parce que se loger ne doit pas être un privilège, la CGT mesure la nécessité urgente d’agir par des actions concrètes pour faire du logement une priorité syndicale. Il s’agit de mobiliser les outils existants et créer de nouveaux droits pour défendre le principe fondamental du droit au logement et garantir un logement digne à tou·tes les travailleur·ses.

La Déclaration universelle des Droits de l’Homme, l’ONU ou encore la Constitution de certains pays reconnaissent le logement comme un droit humain fondamental. Il est en effet une condition de la dignité, de la santé, de la sécurité et de l’insertion sociale. Mais le droit au logement est bafoué chaque jour, transformant un besoin essentiel en un luxe inaccessible pour les plus précaires.

Nous refusons de voir le logement traité comme une marchandise. Nous refusons que des familles, des travailleur·ses, des retraité·es, des étudiant·es soient contraint·es de choisir entre payer un loyer exorbitant ou se nourrir correctement. Nous appelons à faire stopper les logiques financières qui transforment le logement en un outil de profit, au détriment de l’intérêt général.

Il faut mettre en place des politiques publiques ambitieuses : construction massive de logements accessibles, encadrement des loyers, taxation des logements vacants, protection contre les expulsions, renforcement des droits des locataires et des mal-logé·es.

Comment y arriver ? En s’organisant avec la CGT !

1- Se syndiquer à la CGT : pour les personnels de l’Éducation, dans l’Ain, c’est ici !
2- Se mobiliser : le 29 septembre 2026, par exemple !
3- Syndiquer ses collègues et les convaincre de se mobiliser : voir le point 1, puis demander à se former !

Visuel : @Geralt pour Pixabay

Portfolio


[1] La mission Logements des agents publics est placée au sein de la Direction générale de l’Administration et de la Fonction Publique (DGAFP), est chargée de coordonner les actions conduites par les employeurs publics - ministères, établissements publics de santé, collectivités territoriales - afin de faciliter l’accès au logement de leurs agents. https://www.logement.fonction-publique.gouv.fr/qui-sommes-nous, consulté le 05/09/2026.

[2] Direction Départementale des Territoires de l’Ain, Étude des besoins en logements locatifs sociaux et intermédiaires à l’horizon 5 ans. Synthèse, septembre 2023. Disponible en ligne : https://www.ain.gouv.fr/index.php/contenu/telechargement/25766/178880/file/2024029PlaquetteEtudeBesoinsLLS12pages.pdf, consulté le 05/092026.

[3] Direction Départementale des Territoires de l’Ain, Étude des besoins en logements locatifs sociaux et intermédiaires à l’horizon 5 ans. Synthèse, septembre 2023. Disponible en ligne : https://www.ain.gouv.fr/index.php/contenu/telechargement/25766/178880/file/2024029PlaquetteEtudeBesoinsLLS12pages.pdf, consulté le 05/092026.

[4] INSEE, Logements sociaux au 1er janvier 2025, comparaisons régionales et départementales, 05/02/2026. En ligne : https://www.insee.fr/fr/statistiques/2134423#titre-bloc-1, consulté le 05/09/2026

[5] La part des dépenses liées au logement dans le budget des ménages dépend du statut d’occupation du logement mais surtout de leur niveau de revenu. Alors que les 25 % des ménages les plus aisés (en majorité propriétaires non accédant·es) consacrent en moyenne 16,1 % de leurs revenus pour leur logement, les 25 % des ménages les plus modestes (majoritairement locataires) y consacrent en moyenne 33,6 %, quels que soient les statuts d’occupation. Parmi les 25 % des ménages les plus modestes, cette part atteint même 44,7 % des revenus pour les locataires du secteur libre. Elle est bien plus faible pour celles et ceux du secteur social (29 %). Source : https://www.educationcgtain.fr/Barometre-economique-de-la-CGT-edition-2025

[6] DDT de l’Ain – Service Connaissances, Études et Prospective avec l’appui du cabinet TTK, Connaître la mobilité dans l’Ain, janvier 2021. Disponible en ligne : https://www.ain.gouv.fr/contenu/telechargement/17425/122531/file/2021fichedepartementalemobilite.pdf, consulté le 05/09/2026.